Jésus s.Baptista

Artiste. Vidéaste.

L’identité est la reconnaissance de soi en l’autre et vice-versa. Un aller-retour de correspondances et de différences. On construit son identité, elle est le fruit d’une appropriation d’un certain nombre de codes qui servent à la vie en société, ou du moins à s’inscrire dans un groupe donné. À la frontière de ces notions complexes se trouvent l’individu, le groupe et enfin la société.L’identité se joue, elle se meut. 

Dans la condition de l’exil, l’espace existentiel est particulier. Un lieu culturellement hybride de déracinement et de positionnement de soi où les identités se reconstruisent et doivent être réinterprétées. 

La quête de l’autre m’a conduit à me questionner sur ma multiculturalité issue de l’immigration. Cet exil forcé qui, contrairement à une expérience d’un déplacement librement choisi, provoque des ruptures. À partir de ces brèches, l’identité se reconstruit alors en se créant des espaces, des codes et des rites. 

Ce sont ces espaces vulnérables que je renforce par la conception de micro-architectures. De là, deux dimensions du souvenir se dessinent. De l’écrit ou de la photo, je me dirige vers la fabrication d’une installation en volume, qui, dans une construction identitaire en évolution revient à une forme bidimensionnelle. Ces installations constituent cet espace. 

D’autre part, de mes souvenirs d’enfant, je garde en moi l’esthétique d’un environnement urbain populaire, agressif et terne qui entrait en rupture avec l’attente d’un départ prochain vers l’océan, dont la perspective apaisait cette brutalité du quotidien. Une sorte de récompense rêvée, une renaissance symbolisée par la composante de l’eau. Depuis, mon rapport à cet élément vital prend une place centrale dans la conception de mes installations.  L’eau et le métal s’associent et s’opposent alors pour exister et créer un troisième espace dédié au rites que je m’impose. La construction de ma propre identité. 

 

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